Après des adieux ternis par les effets secondaires du Tramadol sur notre pauvre Vianney, nous prenons la route avec Salomé et Marion pour le Paso Leon. Ce sentier va nous permettre de traverser coté argentin avec pour but final d’atteindre les aiguilles de Frey.
Nous nous hâtons dans un premier temps de trouver une cabane qui nous abritera du premier jour de pluie sur 20 jours passés a Cochamo, (chance extraordinaire!). Nous mettons alors en pratique les enseignements culinaires de Vianney. Pain, pizzas, galettes d’avoine se succèdent sur les planches du fogon battu par la pluie.
Au petit matin, nous reprenons le difficile chemin de boue qui nous mènera trois jours plus tard au Paso Leon sur les rives du Rio Manso.
Nous croisons alors plusieurs gauchos auprès desquels nous nous ravitaillons en pommes, pain et autres victuailles et nous permet de mettre a l’honneur  l’espagnol désormais bien assuré d’Alexandre.

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Pousses par la faim, nous poussons notre niveau d’espagnol pour glaner un peu de pain auprès des autochtones

Ce sera également l’occasion de tester les packrafts et notre ligne de pêche sur un magnifique lac.

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Reste une laborieuse section de stop allègrement réalisée par les deux filles qui rejoignent la ville et deux cafés-crème au matin offerts par des gentlemens argentins pendant que nous croupissons à 200 mètres de l’autoroute des Andes entre un poste de gendarmerie et une sortie de camions.

Bref, nous nous retrouvons au petit matin par hasard dans les rues de San Carlos  Bariloche, et après avoir fait les courses, nous repartons en stop jusqu’au pied du trail menant aux aiguilles de Frey.

Ici l’histoire se répète. Les filles arrivent deux bonnes heures avant nous. De notre coté d’interminables quiproquos avec les locaux nous assurent de rater les derniers bus restants et nous condamnent à plusieurs heures de stop sur les routes argentines. Les événements s’enchaînent alors et pendant que Salomé aligne les malaises vagales nous oublions le tout neuf sac d’alpinisme d’Hugo rempli de nourriture pour la semaine à venir ainsi que de la magnifique camera achetée avec les deniers de nos généreux crowdfundeurs. Arrivés sur place nous enrageons. Le sac a évidemment été oublié en plein milieu de la route nationale dans la précipitation du chargement de la voiture avec nos 6 sacs…

Evidemment, une fois sur place les filles sont introuvables car retournées a l’hôpital de Bariloche, mais il nous est impossible de glaner la moindre information a 1h du matin dans ce village de station de ski. Nous nous endormons donc non loin d’un parking a la belle étoile dans l’espoir de retrouver notre sac au petit matin. A 7h, Hugo rentre bredouille de son expédition en stop et nous nous rendons brusquement compte de la perte de l’appareil. L’amertume est grande. Nous redescendons immédiatement à la prefecture la mort dans l’âme déposer la declaration de perte, et c’est au moment ou nous nous apprêtons à retourner sur les lieux du crime pour la seconde fois qu un coup de fil providentiel nous informe que le sac a été retrouvé par un quidam bienveillant. Hugo et Alexandre se pressent ainsi a sa rencontre avec force cadeaux et victuailles pendant que Henri monte les premiers kilos de matériel au refuge de Frey.

Au soir nous sommes finalement soulagés, repus et nous apprêtons a nous assoupir la conscience tranquille après avoir laisse moult indications aux filles sous forme de papiers-messages coincés sur des barrières/panneaux/pierres au depart du chemin. Ainsi, indifférents au drame qui se dénoue a l’hôpital de Bariloche, nos corps s’ensommeillent peu a peu quand la voix des filles nous tire de notre somnolence.

Salomé après quelques appels passés au pays a fini de se rassurer sur la nature de ses malaises, prend finalement la décision de ne pas rentrer en France mais plutôt de continuer leur voyage de grimpe/kayak pour le restant du mois.

Une longue séquence de thérapie collective à base de chocolat achève ainsi de nous remettre de nos émotions et l’aventure Frey peut continuer…

A ce stade de l’aventure, je pense qu’il est nécessaire de répondre à la brûlante question qui je sens, doit torturer bon nombre de nos lecteurs: Qu’en est-t-il de notre insertion culturelle dans le monde latino-américain ?
Il va sans dire que si nous sommes venus avec un bagage culturo-linguistique limité, nous nous sommes bien promis de réaliser dans ce domaine des progrès consistants au cours de ces six mois. Voici donc une petite vidéo récapitulative de l’évolution de notre champ sémantique castillan et ainsi qu’une modeste répétition des pas de danse que nous avons glané ici et là au fil du voyage.