Se replonger, désormais début Juin, en Bolivie, dans les événements s’étant produits un mois plus tôt, c’est aussi revoir le douloureux départ d’Alex vers son opération, sa môman, Capucine et la gastronomie française mais c’est aussi le début d’un nouveau voyage à deux.

Alex avant son départ

En réalité, nous n’avons jamais vraiment été deux depuis le départ d’Alexandre puisqu’à la faveur de quelques soirées étudiants Santiagiennes, nous avons tout d’abord convaincu, non sans mal, Clément, ami du Club Alpin Français de se défaire d’une semaine de cours pour se joindre à nous.

Clément dans toute sa splendeur

 

Socaire, enfer ou paradis?

Quelques 1700 kms et 23h de voiture nous séparent de notre objectif : Socaire, canyon perdu à 3600m d’altitude, en plein désert d’Atacama, désert le plus aride du monde et qui abrite trafiquants en tous genres entre le Chili et la Bolivie, cocaïne en tête. Somme tout une destination rêvée pour l’escalade ! C’est donc en nous arrêtant le moins possible que nous arrivons sains et saufs, à grands renforts d’émissions de radio France, à 4h du matin.

Au réveil, la fatigue laisse place à l’émerveillement : aux pieds de volcans de plus de 5000m que l’on croirait toucher du doigt, surplombant le salar d’Atacama et sa route imperturbablement rectiligne, s’étend à perte de vue une terre aride baignée d’un soleil de plomb. Le dépaysement est total.

La quebrada ne fait qu’ajouter à la stupéfaction puisque sous nos yeux se déroule un canyon verdoyant de 500 mètres de long, dans un rocher de qualité certes inégale mais arborant des dizaines de belles lignes dans lesquelles nous mourrons d’envie de nous jeter, entre gruyère à trous et fissures dont la difficulté est directement corrélée à la beauté.

Le paysage Socairien

Pierre et Carlos, un français dont les six mois de vacances annuels laissent songeur et Carlos, chilien anglophone passionnant en pleine crise de la trente-cinquaine, nous font visiter les lieux. Visite ponctuée de blagues douteuses de la part de Pierre et qui annonce la teinte caverneuse des plaisanteries à venir.

Les premières voies sont à l’image des premiers jours : lentes et fastidieuses tant la raréfaction de l’air à 3600m mais aussi l’incroyable différentiel de température entre l’ombre et le soleil impactent la grimpe. Tomber, hors d’haleine, la gorge desséchée et les avant-bras aussi hors d’usage qu’après 4h de séance de bloc parisienne alors que l’on en est aux premiers mouvements d’une 6a un tant soit peu en dévers laisse un goût amer à cette découverte de la grimpe en altitude.

Fort heureusement, une relative acclimatation se fait sentir parallèlement à l’arrivée de Matias, ami Chilien dont le flegme n’a d’égal que le niveau en escalade : stratosphérique. Les premières belles lignes s’offrent à nous à l’image de Kamasutra, véritable concentré de grimpe en fissure : coincements de mains puis de doigts, off-width pour finir par un düllfer, le tout facilement protégeable : un vrai bonheur ! (Si vous n’avez rien compris à la phrase précédente, c’est normal, le reste du récit s’efforcera d’être compréhensible même par ceux qui ne s’amusent pas à escalader un canyon alors que l’on peut sortir par un chemin tout ce qu’il y a de plus praticable !)

Vianney dans Kamasutra
La nuit venue, les cours de physique de prépa nous reviennent pour expliquer le froid polaire qui s’abat sur nous : en l’absence d’humidité dans l’air et de quoi que ce soit pour absorber la chaleur du jour hormis du sable, celle-ci rayonne vers l’espace à toute vitesse. Plus précisément en P = Epsilon * Sigma * (Tsol-Tciel)4 (Epsilon= 0.94 pour le sable, Sigma= 5.67 *10-8 W.m-2.K-4 , Tsol= 20°C ou 293 K, Tciel=3K ou -270°C).

Ce petit instant de physique thermique n’aura pas éloigné les souris qui pullulent dans le canyon et dont la témérité et l’audace leur ont permis de sauter dans les sacs de nourriture, pourtant solidement attachés à 1m du sol, à grand renfort d’ingéniosité et de matériel de montagne. Mais cette témérité leur a valu d’être pris pour cible dans le jeu de la pétanque Socairienne. Le principe est très simple : chaque joueur s’arme d’une pierre de forme à peu près quelconque (à la différence de la pétanque Sud Lipezienne décrite dans l’article sur le sujet) et se tapit dans l’ombre, confortablement installé près du feu, en attendant qu’une souris si mignonne que même notre plus grand ami des bêtes, j’ai nommé Henri Brunel, en sera attendri, se présente sur le terrain de cet horrible jeu, attirée par un cracker sadiquement placé par un membre de la dite équipe. C’est par un signal savamment lancé par le dénommé « hurleur » que s’abat sur le pauvre animal sans défense ce qui doit lui paraître être une pluie de météorites et dont l’issue ne saurait être que fatale.
Photo souris
C’est donc le karma bien amoché que nous profitons du splendide ciel étoile -merci à l’aridité cette fois-ci – avant d’aller nous coucher.

Le splendide ciel du désert de l'Atacama

Certains diront que ce n’est qu’un juste retour des choses si le lendemain fût ponctué de laborieux essais dans un 7a pour Henri et une 6b+ pour Clément et Hugo. C’est donc à la bonne heure que nous entendons le débonnaire Vianney crier du haut du canyon « Alors ça va les débiles ? » (citation sujette à caution mais dont l’esprit devait être assez proche). Ce photographe pro, grimpeur à ses heures, cuisiner de terrain de talent et profond jouisseur de la vie, rencontré à la Piedra Parada, El Chalten et Cochamo nous promet bonne humeur, détente, petits plats et même atelier barbier. Notre compagnon possède en effet une longue expérience sur le sujet, disposant lui-même d’une très belle pilosité faciale, ce qui tombe à point nommé pour Henri dont les envies de « tout couper » se font de plus en plus pressantes. En collant long, sur un tabouret, Vianney entreprend donc de tailler la toison d’Henri pour en faire une barbe « président du conseil ». On vous laisse juger du résultat qui ne restera pas bien longtemps en place puisque les 24h moustaches arrivent à grand pas, avant de retrouver nos faces de jeunots rasés de près à Tocanao, prochaine étape de ce road trip du désert.
En pleine découpe de barbe

La barbe "président du conseil"

Cette journée rasage est complété par l’ascension d’un off-width, ce type d’escalade dans lequel on utilise le corps entier pour se coincer dans la fissure et qui demande une palette complètement à part de mouvements tous plus désagréables et douloureux les uns que les autres.  Matias et Henri ne daigneront faire cette voie, si chère à Vianney, qui pieds nus, signe d’un désaccord profond sur ce qu’est une belle ligne en escalade. Désaccord dans lequel tout un chacun comprendra aisément de quel côté se trouve la vérité, le nôtre.

La beauté de l'off-width

Le lendemain, après avoir tristement raccompagné notre riant compagnon guitariste Clément à l’aéroport, Matias propose à Henri d’aller voir son projet : une 8a sur un mur vertical parfaitement lisse, mis à art des trous fuyants, si élongés les uns des autres qu’il faut sauter pour les atteindre. Mais peu importe si l’on ne dépasse pas la 2ème dégaine, si, comme le dit si bien Matias, « you had fun ». C’est dans ce même état d’esprit qu’Henri se lance dans la très esthétique voie que nous avons nommé Mouse en hommage à la défunte souris mais aussi à Cobra, la fissure voisine. Malgré le mal des montagnes qui assaille Vianney, nous mettons en place un petit programme photo/vidéo pour tenter de rendre la beauté de la ligne. Celle-ci, se révèles très agréable mais beaucoup plus facile que prévu (6b+ contre 7+) et nous permet d’y aller presque tous en tête, avec grand plaisir.

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Mais lorsqu’une indigestion vient renforcer la douleur du Vianney, celui-ci ne peut plus sortir de la tente. Ajouté à cela les récents échecs dans une 7a+ au départ très bloc, la présence désormais quasi-permanente de nuages rendant l’épaisse doudoune l’accessoire de vie indispensable, sans oublier un réveil sous la neige, le tout exacerbé par l’existence d’un lieu tout proche nommé Tocanao où il fait beau et chaud, tout cela a raison de nos dernières velléités de résistances et nous plions bagage après avoir malheureusement perdu Matias, appelé à Santiago.

 

Tocanao, une oasis dans le désert

 

Tocanao, petite bourgade de quelques centaines d’habitants dont le mercure frôle les 25°C se targue d’un canyon idyllique, parcouru d’un ruisseau dont le bruit blanc ne fait qu’ajouter à l’ambiance Club Med, le sport en plus et le confort en moins, qui règne ici, tranchant avec l’ambiance Abbaye froide et austère de Socaire, 1400 m plus haut. C’est ainsi qu’au lieu de faire de Toconao une simple étape sur le chemin de Tarai, nous avons finalement écumé le secteur pendant près d’une semaine.

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Envahi par l’esprit du lieu et le souci du devoir bien fait, Henri se lance le premier jour dans l’écriture de diverses lettres d’adieu à Alexandre et articles de blog pour votre plus grand plaisir, on l’espère. Ceci permet à Vianney et Hugo de profiter d’une 6a dont la dalle finale, une fissure à main parfaite, avant un toit abritant heureusement sous son bombé menaçant des prises, leur procurera leur dose de plaisir et de frissons. Mais pour ne rien manquer de cette voie, il me reste à vous décrire une anecdote qui nécessite un petit arrêt sur un détail anatomique de M.Lhumeau : son postérieur. Notre ami possède en effet un fessier particulièrement rebondi qui lui permettrait selon certains dire, non seulement de bien se coincer en fissure, mais aussi d’avoir plus de succès lors de ses sempiternelles séances de stops, son fessier le faisant prendre pour un individu de l’autre sexe et l’on avouera que l’on peut aisément s’y confondre. Quoi qu’il en soit, c’est en oubliant un peu rapidement cet excroissance que notre bon ami se lança dans un tunnel en haut de la voie, pour sortir sans passer par le toit précédemment décrit. C’est après de nombreux cris, grognements et tentatives de passage en force qu’il dû se rendre à l’évidence : ça ne passait pas.

Nous avons ensuite pu voir Henri sortir de son travail intellectuel pour se jeter sous nos regards inquiets dans une 6c fissure dont on comprend bien le niveau d’engagement lorsque l’on sait que le seul piton de la voie, placé dans le crux, improtegeable sans cela, s’est détaché du rocher pour tomber à nos pieds lorsqu’Henri a voulu tirer dessus pour en tester la solidité. Ce n’est qu’arrivé en haut qu’Henri pu constater l’impossibilité de descendre en l’absence de relai fiable et donc dû faire monter Vianney, à peine remis de ces émotions, pour récupérer le matériel, non sans mal.

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Le lendemain, le désaveu de camper sous un pont pour des amoureux de la nature, se fit vite oublier lorsque Vianney, parti en ville faire de menues courses, nous ramena de quoi faire des œufs à la coque, mouillettes au beurre salé comprises : plaisir ultime et depuis bien longtemps oublié de nos papilles. La 12ème douche en 4 mois et la coupe afro qui en résulte pour Hugo finissent de nous ravir totalement.

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C’est donc tout frais que Vianney se lance dans une fissure qui se révèle être un amas de blocs branlants et poussiéreux dans le plus pur style Vianneyien, au désagréable off-width près… mais à sa décharge, pour une fois, la voie avait l’air presque agréable d’en bas. Hugo a plus de chance avec une très jolie fissure à doigts pendant qu’Henri considère que le free solo – certes dans le 5c – est la meilleure façon d’aller prendre des photos de là-haut. Ce sera l’occasion pour Vianney de dévoiler toute la panoplie de grimaces qu’il possède, rendant impossible une quelconque belle photo de grimpe du personnage.

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Après les difficultés rencontrées à Socaire, il fût décidé de trouver ici des fissures difficiles, quitte à devoir les travailler, pour dépasser le stade de la grimpe en fissure à vue et pousser un peu nôtre niveau. Nos yeux s’arrêtèrent donc immédiatement sur une 6c+ fissure déversante qui paraissaient présenter de bons coincements de mains. Ce fût en échec en demi-teinte pour Henri puisque la fissure ne fût pas assez dure pour lui et il s’en défit à vue. Pour Hugo, il fallut deux essais pour appréhender le départ sur caillou péteux et la certaine résistance nécessaire à l’enchaînement de la voie, sur coincements parfaits de pieds et de mains. Fort de ce succès, Henri se lance dans la voisine 7b+/7c dans laquelle il semble très à l’aise : le forme est sans nulle doute revenue pour lui.

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Il lui faudra malgré tout trois autres essais et moult cris de désespoir et de rage mêlés, surtout lorsqu’il chutera au tout dernière mouvement sur une erreur de lecture, pour sortir cette splendide voie en dévers à 15°, sur gratons que l’on sait si chers à notre Riton, et couronnée d’un mouvement dynamique sur trous.

Titillés par ce succès, Vianney et Hugo se lancent dans une 6c+/7a d’après Henri, cotée 6b+ d’après les locaux. La fatigue du jour, à défaut de permettre de gros progrès, occasionnera de bonnes blagues équivoques aux dépens d’Hugo, pendu en mini-short dans son baudar, sous le feu des lampes frontales, et dont le fessier n’aurait semble-t-il rien à envier à celui précédemment décrit. Postérieur se prêtant visiblement le mieux du monde aux ombres chinoise les plus malignes.

Mais le tableau Tocanaien ne serait complet sans les nombreux grimeurs locaux qui nous ont rendu à l’évidence que ce n’est pas en parlant anglais, ou pire français, que l’on progressait en espagnol. La durée des discussions fût directement liée aux deux paramètres que sont la présence de Vianney comme traducteur et la bonne volonté des Chiliens pour parler lentement. Malgré tout, nous sympathisons avec un adolescent chilien, grand amateur de « buena ondas » sous toutes leurs formes et avec qui nous partageons les méthodes de la voie tentée la veille au soir. C’est un beau talon qui permettra à Hugo de sortir finalement au premier essai du jour cette jolie voie très bloc qui tiendra malheureusement tête à Vianney. Mais ce n’est pas là le genre de désagrément qui lui tienne particulièrement à cœur et c’est donc le cœur léger et le corps fatigué que nous nous apprêtons à affronter les hordes de touristes arpentant les rues de San Pedro de Atacama pour y passer l’habituelle journée wifi qui deviendra, comme à l’accoutumée un 3 jours wifi.

NB : Nos plus fidèles lecteurs auront noté dans ce début d’article un changement de style et en déduiront bien facilement l’auteur du dit début d’article. Que les déçus ne le soient pas trop longtemps, je laisse la main à l’auteur habituel de notre blog !

 

Rio Loa, Gorges de Taïra

Le mois de Mai avance et au bout de l’infini horizon temporel dont nous disposons, nous percevons désormais les pics de la Cordillera Real qui nous rappellent qu’au 1er Juin, nous devront être à la Paz afin de s’investir de la mission sacrée des relevés glaciologiques. Il nous reste cependant deux belles semaines et les quebradas de l’Altiplano gardent encore quelques mystères. Parmis eux, les gorges du Rio Loa dont nous avons entendu parler à plusieurs reprises. Quelques lignes viennent d’être ouvertes dans ce canyon de grès dont on dit que les parois sont lisses et brillantes comme des miroirs seulement barrés par endroits de pures fissures. Ici, l’on dit-on, on ne triche pas avec de menus grattons ou trous en dehors de la ligne, il faut coincer !!

joli toit donnant sur les gorges

joli toit donnant sur les gorges

Nous partons donc de San Pedro afin de vérifier par nous-même la véracité de ces légendes. Hors des quebradas, point de salut. Les villes minières par lesquelles nous passons afin de se ravitailler nous offrent l’éternel et désolant spectacle des ravages de l’industrie minière : villes glauques, ballets incessants de 35T chargés jusqu’à la gueule de pierailles, rios contaminés et collines éventrées. Que dire, que faire lorsque l’on traverse la cordillère des Andes à 3 dans un 4×4 particulièrement vorace en pétrole avec à l’intérieur un arsenal électronique rempli de lithium…

Mais laissons les velléités culpabilisantes de retraite paléo-nutritionelle dans le Larzac, les gorges approchent. Le Rio Loa, même si son débit fut divisé par 4 par les activités minières, enchante et verdit encore ce petit eden que sont les gorges de Taïra. Il y fait paître de magnifiques lamas qui seront notre première rencontre avec ces fameux camélidés des Andes. Surpris au détour d’un virage par ces sympathiques bêtes, nous nous arrêtons un instant pour tenter quelques beaux clichés de ces animaux fiers, sympathiques, et d’une élégance certaine. Nous stoppons la voiture quelques kilomètres plus loin. Ici la route se termine et les lignes sont là, évidentes mais pas toutes protégées. Nous irons demain car le soir tombe et avec lui le froid glacial des nuits de déserts. Une énorme lune vient cependant égayer nos fraîches soirées, prolongeant celles-ci dans la contemplation béate du canyon ébloui par ces radiations nocturnes

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De magnifiques lamas

De magnifiques lamas

Photo concept

Photo concept

A 10h du matin, quand le four solaire se met en marche, sans topo, nous tentons les premières voies. Le Rio Loa tient de manière inégale ses promesses. A de très belles fissures se succèdent des renfoncements pourris et poussiéreux protégés par un seul piton. Cependant tout ceci ne nécessite qu’un peu de nettoyage et les lignes suivantes nous régalent ! De belles longueurs en 6a à coincements de mains bien calibrés nous remettent d’aplomb puis nous entamons le gros morceau du séjour : une magnifique fissure légèrement déversant commençant sur une plaque lisse et brillante fracturée en deux et terminant dans un dièdre en off-width (plus large qu’un poing), 6c/7a. Dur, dur combat dans la deuxième section ne se laissant protéger que par des friends 3 et 4 qui finissent rapidement par manquer. Après moult coincements de genoux, de coudes et d’épaules, puis une salutaire rampe finale la voie est sortie à grand peine mais nous offre probablement nos plus beaux souvenirs de grimpe en fissure au Chili.

Hugo jamme dans la magnifique fissure finale

Hugo jamme dans la magnifique fissure finale

Quelques belles plaques seront encore attaquées le lendemain de manière plus ou moins heureuse (notons 1h d’escalade artificielle dans une ignoble et trompeuse ligne trois fois maudite !), mais le temps presse et il nous faut passer en Bolivie pour renouveler le visa de Vianney. Nous repartons enchantés mais le programme à venir laisse peu de place à la nostalgie. Demain nous franchirons les dernières pentes de l’altiplano pour atteindre les hauteurs du Sud Lipez (4500m en moyenne) et du Salar d’Uyuni.

En attendant nous avons mis la main sur une boulangerie française à San Pedro de Atacama. Difficile de passer sous silence les souffrances culinaires du voyage engendrées par les kilos d’avoine et de riz complet, conséquence tragique de l’expédition avortée. Fort heureusement, les pertinentes initiatives gastronomiques de Vianney adoucissent notre quotidien et nous nous ruons avec force avidité sur les blondes baguettes et croissants de cette Franchouteria que nous vous recommandons avec empressement si vous passez un jour à San Pedro de Atacama.